Un conducteur de train japonais intente un procès après s’être vu retirer 28 pence pour un retard d’une minute.

L’entreprise ferroviaire a retenu 43 yens (28 pence) selon le principe « pas de travail, pas de salaire », mais le conducteur affirme que le retard n’était pas de sa faute.
Au Japon, un conducteur de train poursuit son employeur après que celui-ci a retenu 43 yens (28 pence) de son salaire pour un retard d’une minute dont il affirme qu’il n’était pas responsable.

La West Japan Railway Company (JR West) a déclaré avoir retenu la petite somme en appliquant son principe strict « pas de travail, pas de salaire » pour l’incident, qui s’est produit en juin de l’année dernière.

Selon le journal Yomiuri Shimbun, le conducteur, dont le nom n’a pas été révélé par les médias japonais, réclame 43 yens, plus 13 yens d’heures supplémentaires, ainsi que 2,2 millions de yens de dommages et intérêts pour l’angoisse mentale causée par la décision de son employeur.

Cette affaire rappelle que le réseau ferroviaire japonais a un bilan enviable en matière de ponctualité, les retards les plus brefs donnant lieu à des excuses répétées aux passagers.

Le litige est survenu après que le conducteur, qui devait déplacer un train vide vers un dépôt de la gare d’Okayama, dans l’ouest du Japon, s’est rendu compte qu’il attendait sur le mauvais quai.

Son erreur a retardé d’une minute le transfert du conducteur sur le bon quai et a entraîné un retard supplémentaire d’une minute dans l’arrivée du train au dépôt, selon le journal.

JR West a déclaré qu’elle était en droit de retenir le salaire du conducteur car il ne travaillait pas pendant la confusion.

Le plaignant a toutefois déclaré au tribunal du district d’Okayama que le retard avait été causé par une « erreur humaine » et qu’il n’aurait pas dû être considéré comme absent du travail, ajoutant que les horaires des trains n’avaient pas été perturbés.

L’entreprise avait initialement retenu 85 yens pour le retard de deux minutes, mais a réduit la pénalité pour qu’elle corresponde à un retard d’une minute après que le conducteur se soit plaint au bureau local des normes du travail.

Le conducteur a toutefois refusé d’accepter cette amende inférieure et a porté sa demande de dommages et intérêts devant les tribunaux en mars.

Un porte-parole de JR West a déclaré à l’Agence France-Presse que le différend était dû à des désaccords sur la manière d’interpréter la cause du retard, ajoutant que la société avait appliqué sa règle « pas de travail, pas de salaire » en retenant le salaire du conducteur.

Les réactions en ligne ont semblé se ranger du côté du conducteur qui n’a pas payé. « Vous pouvez donc réduire le salaire de quelqu’un d’une minute, mais vous ne pouvez pas payer les heures supplémentaires par tranches d’une minute également ? » a déclaré un commentateur, selon le site Sora News 24.

Un autre a écrit : « Je deviendrais fou si j’étais responsable de la paie, devant déduire des minutes du salaire des gens pour chaque erreur qu’ils commettent. »

Le vaste réseau ferroviaire japonais connaît rarement des retards importants, à l’exception des perturbations causées par les tremblements de terre et les typhons. Les navetteurs et les étudiants qui utilisent des trains ayant cinq minutes ou plus de retard se voient offrir des certificats pour prouver aux patrons et aux enseignants qu’ils n’étaient pas fautifs de leur retard.

En 2017, l’opérateur d’une entreprise ferroviaire privée qui dessert la banlieue de Tokyo a présenté ses excuses pour les « graves désagréments » qu’il avait causés après le départ d’un de ses trains avec 20 secondes d’avance.